Poèmes

 

Que reste-t-il


De ton murmure au goût de soie ?
Ô parfum génial qui nous caresse tout doux.
Jusqu’à bout de souffle en toi je crois,
Même à me rendre délicieusement fou.


Mon rêve joyeux s’éteint calmement,
Aux premières lueurs de ce jour arrivé,
Que naisse encore un passé trop présent,
Et fige la solitude de l’immorale pensée.


Alors cette fille esclave debout et svelte,
Du bord de ses lèvres vibrantes, expose
A mon seul regard pétrifié et bête,
Une promesse de coeur à fleur de rose.


Me voilà fuyant à grandes jambes,
De peur que d’accepter si belle chose.
De peur que d’avouer un pan de moi,
Honteux de n’être enfin qu’un demi homme.


Jeune et étroite, cette rue est sans air.
Sans airs, je traîne aussi, de déchirantes
Portes en sinistres murs. Ici je perds,
Tous moyens de te garder aimante.


J’ai beau tourner mes esprits songeurs,
Me reviennent sans gène les échos forcés,
De cette déesse aux seins vengeurs,
Chauffant l’acier de mes chaînes forgées.


J’ébranle ma tête et mon âme fiévreuse
Dans l’espoir d’éveiller ou de réveiller,
Le sens originel de la quête amoureuse,
Du chercheur d’accords aux frissons singuliers.


La troublante réalité sonne le rappel au cor,
Exigeant des batailles sur les champs de velours.
Cette vie là souffre de n’accepter alors,
Les autres formes de notre maudit amour.

Enza Chaybif - Novembre 2004