"Le
Tatoueur des Ombres" 15 juin 02
(Entre Désirs et Mensonges) - F.
Je navigue en eaux incertaines,
avec comme seul gouvernail, la peur. Plus j'avance, moins je
ne sais comment te le dire.
Par un jour de mai, le cyberhasard, nous a, à nouveau réuni.
Le souvenir de ma première défaite encore vivace, c'est le souffle
court que j'ai relancé les dés. Un jeu auquel tu t'es prêté sans
savoir, que les règles étaient pipées. Au lendemain d'un
4 avril innocent, mes sens ont été secoués. Un tremblement
de chair qui réveilla ma quête de l'autre et pour longtemps gravé sur
les parois de mon être. Avec le recul de quelques semaines, je t'ai nommé " Tatoueur
des Ombres ". Une trace de toi sur mes désirs latents dont je ne
sais plus quoi faire.
Comment peut-on à ce point s'imbiber d'une âme qui ne nous appartient
pas en quelques minutes hertziennes ! Si courtes et éphémères
et pourtant tellement encore présentes aujourd'hui que je ne peux me
défaire de chacun de tes mots, puits d'espérance, de ta voix
fine et suave, teintée de féminité, de ton regard, icônes
de mon mal-être.
Dans une ode de désespéré un 30 avril et après
des jours et des heures de maturation, pesant chaque mot, écoutant la
musique de chaque vers dans d'infinis soupirs, je t'ai donné le meilleur
de moi-même. Un "poème",
c'est comme ça que tu en parleras plus tard sans savoir que tu avais
en ligne son auteur ! Tu me dis alors que tu avais été touché ;
récompense ou nouvelle blessure ?
Tu n'as pas su répondre -ou pas voulu- de peur de te révéler à toi-même,
d'accepter l'évidence. Une route non choisie que tes yeux n'acceptent
d'en voir l'horizon que par bribes. Ce que tu appelles " indépendance " est
illusoire, tu repousses l'inéluctable chemin qui est le tien. Un jour
d'amour te fera prendre conscience que les prisons existent. Fussent-elles
d'amour.
Je ne me sens pas concerné par ton destin.
J'ai fini par renoncer, portant mon regard au loin, confiant à Jasmine
le soin de m'accompagner, de me rassurer. Confiant, car je t'ai reconnu dans
ses promesses. Une vision aveugle.
Mais
pourquoi, Mai est-il revenu me chercher ? J'ai fini par succomber
au formidable appel de
vie d'un printemps régénérateur. Enfin,
le croyais-je
..
J'ai
construit alors un piége
machiavélique, vengeance subliminale pour exorciser mes
souvenirs et continuer à croire un peu.
Faut-il s'astreindre à tant d'abnégation et être si sûr
d'échouer ? je creuse tout seul mon mal.
Te
repérant dans la jungle éparse
du web, toujours la canne à l'affût, j'ai amorcé le
dialogue sachant précisément ce que tu voulais,
avec des mots choisis, une description sincère mais orientée.
Trop facile et dégueulasse, je me répugne. Julien était
né.
Nous nous sommes alors conquis, mutuellement, par le verbe puis à force
d'insistance que tu manifestais par la voix. Peur : allais-tu me reconnaître
? Tu y as fait allusion, le coup n'est pas passé loin, mais la première étape était
franchie. Petit à petit, de confidences en déclarations, je suis
devenu ton " call-friend ". fier !
J'ai voulu retarder l'échéance, feignant une pseudo timidité,
pour prendre distance et renoncer à une rencontre. Paradoxe : je la
désirais tant !
Julien était plus fort que F, mais plus vulnérable aussi. Il
avait réussi à susciter ton désir.
12 Avril
Soir de victoire. Toi qui avais jeté aux oublis F., suppliait J. pour
l'appeler. 2H d'un échange savoureux, je retrouvais mes sensations de
jeune pubère, tendu, crispé mais heureux ! " Finally " de
KOT était ton credo. Le temps devait se suffire au temps, était
le mien. L. se lassait.
Et j'ai plié, une voix de revenant et des promesses. Nous étions
devenus en 23 jours les meilleurs amis inconnus du net !
Que
faire maintenant ? me raconter ? dire ma vérité ?
Ce serait envoyer une boule de plomb dans un champs de mines.
Perdre une deuxième
et dernière fois ma part de paradis. J'y renonce et puis le champs finira
quand même par exploser !
Manque
de confiance, différence
d'âge, corps qui se repoussent, tout me pousse à fuir.
Ou est mon courage ?
Je veux encore vivre ces moments qui exaltent mon être.
Cela
me rappelle l'histoire de Peter Parker, alias Spiderman, amoureux
de la belle MJ qui n'a
d'yeux que pour le super héros. Eh bien, J = Spiderman,
F = Peter Parker et MJ = L.
La fin de l'histoire est étonnante, Peter réussit à se
faire aimer de MJ. Mais se refuse à elle pour la protéger. Diable
!
J. est loin d'être un super héros, d'ailleurs il se cache
Et
puis MJ côtoie ses 2 prétendants. Donc la comparaison s'arrête
là !
21 Juin,
Aujourd'hui j'ai décidé de te communiquer mon numéro de
mobile. " A full credit access to my private mobile phone number, every
time you need it ". Ton impatience croissante me pousse à le faire.
De peur de rompre le fil qui nous relie.
Au gré de notre discussion, j'apprends que tu t'es remis au sport. Pour
moi ? quelle faiblesse de le croire !
Je crois que la désillusion est proche et elle se produira. C'est ainsi.
J'ai peur que nos conversations s'aplatissent avec le temps. Parler des banalités
d'usage : travail, sorties, nos préférences sexuelles,
Ces
banalités m'affligent. Mais n'est-ce pas la vie au fond ? Je crains
en fait d'être plus creux qu'un cimetière. Quels désirs
puis-je maintenant t'insuffler ? Je ressens un fort décalage, un abîme
sépare nos vies.
La confiance est désespérément absente. Je suis las
Aussitôt envoyé sur les lignes webesques, que mon tél.
se mit à retentir ! " Every time you need it " of course,
but nothing else than you couldn't call me!
J'ai peur de la suite
Ce
dimanche soir 23 juin, veille d'une dernière semaine avant mes vacances aux M.. -chouette
! - je devais t'appeler, "but nobody at home tonight".
Nobody, nobody
. But am I someone? My way gave me some
hurts. It's time now to find the light. Please, open the window
Je suis à nouveau las.
25
juin. Deuxième phase
F. a décidé de t'écrire ce soir. De te titiller, avec
quelques mots réduits, un peu provocateurs " manques-tu de courage
? "
J. aimerait tant s'effacer, disparaître à jamais dans ton inconscient,
comme un souvenir inachevé mais heureux. Laisser la place patiemment
creusée.
Ta réponse n'a pas tardé et comme toujours mêlant espoir
et crainte. Quels sens donner à tes propos ouverts " donne-moi
de tes nouvelles ". je n'y crois pas, mais ma faiblesse endémique
me laisse un espoir. J'ai donc répondu.
Je
sens en toi de l'affection pour J.. Tu parles maintenant d'une
rencontre ! comment vais-je y échapper
! le piége se referme doucement sur moi
30 juin. Danger
Comme prévu, je t'ai appelé ce dimanche soir, en commettant une
erreur : j'ai oublié de masquer mon tél , celui que tu connais
déjà, celui de F. Comme toute personne méfiante, tu aurais
dû mettre de côté ce numéro pour filtrer l'importun.
Je suis tombé sur ta messagerie FT, craignant une identification possible
en retour, technologies du présent qui font passer à la trappe
toutes velléités d'intimité pour peu qu'on n'y prenne
garde. Ton message suivant, me montre que non. Ou bien, tu as aussi décidé de
jouer
.Ce serait drôle ! Enfin, nous verrons bien.
Ce danger là, m'a fait passer une mauvaise journée : m'as-tu
enfin reconnu ? entre angoisse et soulagement. Dans ces instants, je me rends
compte de mon attachement viscéral, de mon abandon total à mes
pensées pour toi. Comment m'en défaire ? Je ne peux me résoudre à souffrir
dans l'inconnu. Quelle tristesse ! Le courage me viendra un jour pour enlever
le voile de ma trahison. Puisses-tu être Divin ou Sage pour me pardonner
et enfin m'accepter.
Tu me dis, dans ce message du 1er juillet, que je vais te manquer comme l'enfer
pendant mes vacances
de plus en plus dur à supporter !
2 juillet,
Ce soir, un coup de téléphone pour un au-revoir provisoire. C'est
encore moi qui t'appelle, malgré tes promesses de la veille, dans un
message où pointait un peu de tristesse.
Encore une conversation sympa et nous avançons inéluctablement
vers le point d'inflexion. Ce soir je n'ai pu résister au " close
meeting " ; ce sera le 25 juillet ! date âprement négociée,
moi en août, toi dés mon retour de vacances
. Panique à bord
! et une nuit de plus sans dormir. Le 25 j'ai RDV chez un chirurgien . Justement
je suis sensé être " bold " ; stupide pari ! Alors ce
soir, coup de tondeuse derrière les oreilles et tout est raccourci.
Quel pari stupide !
J'ai maintenant 21 jours pour :
1 - fuir
2 - ne rien changer et accepter l'évidence
3 - me transformer : bronzer, me muscler, rajeunir, devenir beau !
Je deviens fou à l'idée de ne pas savoir par ou commencer. Quel
terrible paradoxe : joie intense de cette -enfin- rencontre et le courage d'affronter
l'épreuve. Oui : faire front, expliquer, convaincre et séduire
ou
partir. C'est la roulette russe des curs. Angoisse ultime. Je
n'ai jamais autant fumé.
Une question m'obsède : comment vas-tu réagir ? je sais que l'on
ne sera jamais amants. Rester amis, serait une consolation, à combustion
lente mais définitive.
Ce soir tu étais encore fatigué. Tes nuits sur le net, la canne à l'affût,
t 'épuisent. Je t'y ai encore surpris l'autre soir. Une course en avant
vers cette quête que tu refuses de nommer. " so, why do you have
a fucking abody ? "
NB : j'ai appris que tu roulais en Clio dci après avoir eu une Twingo
et tes parents en Scénic. Famille Renault ?
2 surs et 1 frére.
Je dors très mal, vivement le dénouement.
Exciting and both depressing.
3
juillet - Aéroport Roissy
- SMS
"Hi my Friend,
Waiting for my plane. When you'll read these lines, I'll be probably somewhere
in the sky listening music or dreaming
.Sweet shall be my trip, sweet
will be my comeback. I yet miss you. So please, don't forget the 25th, Ok ?
God watches over you. Jul".
4
juillet - Aéroport de
Dubai - SMS
" Hi, DUBAI Airport, 2h30 am, tired but happy ! Waiting for the next plane.
SYS. Jul."
Du 05 au 15 juillet 2002- Meeru Island
resort - Maldives
" Délires Maldiviens " issus uniquement de mon imagination pour
combler l'attente.
5/07
(histoire inventée)
L, j'ai bien reçu ton message ce jour :
<<<" Julien,
Il est temps de se dire les choses. Depuis le début, j'ai bien compris
ton jeu de cache-cache. F. n'est pas quelqu'un pour moi. C'est sans doute quelqu'un
de très bien, j'en suis convaincu, rare peut-être. Mais moi j'aspire à autre
chose. Quoi ?, je cherche encore
J'ai vraiment apprécié nos échanges, je me suis même
pris au jeu. Dommage que J. n'ait été qu'une vue de mon esprit.
Tu me l'avais d'ailleurs dit : le danger serait de nous idéaliser, et
je n'ai pas su l'éviter.
Notre cyber-voyage est à son terminus : 2 mois entre c. et m., court
et sympa ! je ne viendrai donc pas à notre RDV du 25/07. Bizarre non
? J'ai tellement tout fait pour l'obtenir
mais je crois que c'est mieux.
Pour moi et pour toi. Je ne suis pas inquiet, tu trouveras chaussure à ton
pied, c'est sûr. Ta voyante te l'a dit. Crois la, cela t'aidera. Une
dernière chose : accepte ma décision STP.
Bonne chance
L."
Ce que je redoutais -espérais ?- le plus s'est produit. Une fin de non
recevoir, alors que nous étions si prés de nous rencontrer.
Quelle misère !
Je ne verrai donc pas tes yeux bouger, ton ombre portée par la lumière
d'un soir d'été, je ne sentirai pas les vibrations de ta chair
et
toi tu ne sauras pas non plus qui est F.
Quelle misère !
Il me faut un magicien ou un médecin. Je n'accepte pas cette souffrance.
Je vais quand même te le dire, mais j'attendrai un peu. Le temps me sera
plus utile que Jasmine, quoi que ..
Et maintenant quelles portes à ouvrir ? quels chemins à prendre
? rester c'est mourir, et je ne veux pas. >>>
Me persuader que l' issue fatale est proche. M'entraîner aussi. Savoir
faire face. Encaisser sans montrer sa souffrance. Savoir partir.
Comment vais-je réagir ?
L'idée même de cette rencontre me terrifie. Je me cacherai derrière
mes lunettes pour masquer mon âme perdue.
Le cur battant mille pulsations seconde, je te dirai sans doute des banalités,
ma voix sans relief aura du mal à exister. Plus de souffle, de la crainte.
Epiant le moindre signe :
un front plissé,
un regard vif et accusateur,
des mots qui ne sortent pas,
ta pensée plus forte que ta parole,
un front qui transpire de malaise,
un regard qui fuit cherchant l'échappatoire,
" tromperie sur la marchandise, remboursez ! "
Et si tu m'aimais ? -
MDR !
Je ne sais plus. Août sera lumière ou ténèbres
Me relever, marcher, marcher, marcher,
Seule l'angoisse guide mes pas pour l'heure . Silence de mort, de renonciation.
" Pauvre cur
fautif prêt à battre trop vite "
Qui puis-je ? pourquoi es-tu venu me sonner un soir du 4
avril ? je ne voulais rien d'autre qu'un peu de sexe et d
'évasion. Pas l'amour !
4 mois que je rêve, que je soupire. Tant de kilos perdus pour te plaire.
Gommer mon âge, ma vieillerie, fardeau de mon supplice. Je le sais.
Aruba la fière me fait chier !
" Mon pauvre ami
! je t'ai donné l'espoir,
Que tu m'avais offert un soir d'avril,
Que tu m'avais repris un soir plus tard,
Mon pauvre ami ! tu t'es pris la patte au fil "
Listening your song - Finally -
Thinking about you. What did you do this weekend ? Did you enjoy your stay
in London ?
Now I can see the blue.
The blue of the swimingpool, so close from my feet that I
can feel it ; the blue of the sea, captured inside the lagoon,
place of peace for coloured fishes ; and the blue of sky,
attracting my soul so far.
Maldives are not a paradise when you're alone. It's only a place for lovers.
All girls and boys who love each other, all over the world, should come there
one time at least. For the other, just time to think, to cry, to die. A kind
of elephant cemetery.
It's always raining ,
on the beach and in my heart.
"Let
some few welcoming breath come into your heart
Invite-me, dear friend, to endless and bright travels,
And the sweet lovers with ragging desires so hard,
Make their life such happy and move careless."
A warm water which is
streaming into my soul and giving me seasickness, or maybe,
some pain of you.
Wind in palm trees makes a lot of noise. So I can't hear you answering your
refusal. Help me God!
Waves go stirring. They
are carrying the anger of my betrayal. Who is pushing them?
I must keep quiet.
A bloody dream from nowhere, which is burning out my brain. I should stop it!
I would, but it's stronger than me, so
"Conversations"
15/07
- mail de L. à F.
" Salut F,
Tu as bien de la chance de partir au soleil et en plus en bonne compagnie.
Profite-en bien ! Moi j'attends encore un peu -septembre- et je partirai aussi
au soleil (caraïbes) avec des amis. Sea, sex and sun !!!
J'ai vraiment été touché par ton poème que j'ai
gardé. J'ai bien réfléchi et j'aimerai bien en discuter
avec toi, autour d'un verre
Donne-moi tes disponibilités
A+
L"
16/07
- réponse
de F.
" Plus ça va et moins je te comprends. Tu restes très énigmatique
pour moi, trop sans-doute
.
Je ne suis pas sûr que ce soit une très bonne idée de se
rencontrer. Je t'ai déjà tout dit et je préfère
en rester là. Tu es quelqu'un sans doute de très bien, mais j'ai
moi aussi bien réfléchi. Je cherche quelqu'un de stable, sûr
de ce qu'il veut, de ce qu'il est. Et je pense que tu te cherches encore
Restons amis.
F"
16/07 - mail de L.
" Dommage ! je suis sûr que nous aurions passé un bon moment.
On se ressemble beaucoup. Peut-on continuer à chatter ensemble ?
A+
L"
19/07
- réponse
de F.
" salut, pourquoi de pas continuer à discuter en effet ; je te propose
de le faire sur messagerie instantanée, MSN si tu connais, mon adresse
: ................
RDV le 25/07 à 21H si tu es dispo.
A+
F"
25/07 - 21h15 chat sur msn
" L . - hello !
F. - salut, ca va ?
L. - cool et toi ?
F. - nickel chrome !
L. - tu sais que j'ai gardé ton poème, j'ai été trés
touché
F. - oui, tu me l'as déjà dit. mais oublions-le si tu veux bien,
ce n'était qu'un délire
L. - oui, mais tu l'as écrit !
F. - soit !
L. - pourquoi tu ne veux pas en parler ?
F. - trop personnel
L. - il m'était adressé
F. - oui
L. - tu préfères qu'on se tél. j'ai gardé ton numéro
F. - non, ce n'est pas une bonne idée
L. - tu as peur de quoi ?
F. - rien, c'est mon choix
L. - est-ce que je t'indispose ?
F. - non , c'est pas ça, mais c'est de l'histoire ancienne et j'ai pas
envie de la raviver.
L. - c'est pas si vieux que ça
F. - oui, mais je préfère oublier
L. - je te trouve dur avec moi
F. - ne le prends pas mal, tu es quelqu'un de bien, sympa, jeune, les portes
s'ouvriront, tu n'as pas besoin de moi.
L. - mais j'ai confiance et effectivement je n'ai pas besoin de toi, ce n'est
d'ailleurs pas le pb, ; j'avais juste envie de discuter avec un mec qui sait écrire
de beaux poèmes et rien d'autre !
F. - sauf que c'est trop tard. J'ai rencontré quelqu'un sur le net,
un type génial et ça suffit à mon bonheur pour l'instant
!
L. - je comprends .. comment-est-il ?
F. - je ne sais pas à vrai dire, c'est pour l'instant qu'une rencontre
virtuelle qui dure depuis 2 mois. Mais je vais prochainement le rencontrer.
L. - c'est fou !!!! moi c'est pareil !!! j'ai rencontré un mec idem
, trop sympa, mais il a peur de me rencontrer pour l'instant, c'est fou !!!!
F. - coincidence !
L. - Bizarre quand même
. Et si c'était toi ??!! comment
s'appelle-t-il ?
F. - W. et toi ?
L. - J.
F. - J.../F... et L.../W...., les consonnances sont proches, j'ai ici des rimes
pour mon prochain poème ! un jour un ira tous les 4 au resto !
L. - Bizarre quand même, et tu ne réponds pas à ma question
F. - No way, tu fais fausse route.
L. - tu parles anglais maintenant toi ?
F. - bon je dois te laisser, merci pour le chat et à bientôt
L. - tu veux pas que je te tél ?
F. - non, ne le fais pas, restons bons amis.
L. - ok donc à bientôt, f ? j ?
F. - f ! bye
L. - Bye ! "
MALE Airport - nuit du 14 au 15/07/02
Et Alors ?
Ne reste pas assis au
bord de tes doutes,
Ne cherche pas dans le ciel les étoiles qui sont en
toi,
Fuis les saltimbanques qui vendent l'eau et l'air plus chers que l'eau et l'air,
Refuse tout abandon de temps et de chair, pauvres soumissions aux désirs,
Ne suis pas les fantômes d'âmes en âmes, ils creuseraient
ton lit,
Et alors ?
Crois en toi,
Crois en la lumière qui éclaire ton pas,
Crois au monde qui te fait face, pour l'embrasser,
Crois en celui qui sourit aux étoiles, celui-là porte sa vue
au-delà des ombres,
Crois aux fées qui ont bercé ton lit d'enfant,
Et alors ?
Ferme les yeux,
Joint les mains,
Laisse-toi porter par le souffle divin,
Et rêve,
Rêve sans souffrir du bonheur simple d'être libre.
" Question
de temps "
Comment
perdre son temps, j'en suis là !
Mes rides ont pris place sur un corps toujours vigoureux et cela se voit.
Peu de temps a suffi : cela vous passe dans le dos, l'air de rien, vous enveloppe
chaudement, un brin protecteur. Et c'est sans méfiance aucune à son égard
que le temps vous prend vos heures et vos jours. Et voilà, comment,
petit à petit, mois après mois, on se retrouve " vieux ".
Le passage de " jeune " à " vieux " n'existe pas.
On est l'un et puis l'autre. C'est tout. Personne ne vous prévient avant.
Car personne ne sait à quel moment précis on change d'état.
Tout est question de perception extérieure : les uns ne vous voient
pas changer et les autres vous donnent 10 ans d'un coup !
Le temps est traître, il ruse, se cache. Te surprend dans ton sommeil
!
Et un jour une jeune femme de 20ans te dit " vous " et ça
fait mal. Qui le lui a dit , le temps ? de quoi se mêle-t-il ?
J'aurais aimé que Laura me dise " tu ", sans barrières,
directement dans les yeux. Par le " vous " elle a mis de la distance
pour se protéger. Inconsciemment se protége t-on du temps ? cela
s'attrape t-il ? par timidité ? non, je crois que ce fut un " vous " pour
me faire comprendre que nous n'étions pas reliables. Deux mondes sans
connections directes, mais simplement des passerelles de courtoisie.
Ah Laura, je t'en veux un peu. Une innocence qui contraste avec ma solitude
de vieux loup. Plus tard tu comprendras sûrement les tourments de l'âge
(expression de vieux caractérisée : il faut que j'arrête
!)
Mais Laura est belle et son âme est forte. Le temps ne pourra rien sur
elle. Tant mieux !
Est-ce à dire que mon âme est faible ? drôle de question
!
Si je me la pose, c'est qu'il y a un trou, un trou d'âme. Une immensité à vrai
dire, que j'ai tenté d'explorer, de comprendre plus longtemps que nécessaire.
Quel gâchis ! N'ai-je fais que ça pour moi jusqu'à présent
? tourné en moi-même, ignorant le monde des autres, te privant
d'une vie heureuse et partagée : c'est ma faiblesse de le croire.
Soit ! et maintenant ?
Ouvrir les yeux, partir à la découverte du monde des autres,
m'ouvrir, me donner et m'offrir. M'accepter enfin.
Comment faire ? Je ne suis resté un enfant en profondeur, le temps ayant
fait son uvre qu'en surface, ignorant par dédain mon antre. Et
le décalage s'est créé entre mon âme et mon corps.
Rattraper le temps perdu fut donc mon erreur, malgré moi.
Je me fous du temps qui passe si dans son cortège se trouve aussi mon étoile.
Une seule rencontre, je prie pour une seule, vraie et sincère rencontre,
emplie de cette force qui construit les avenirs. Peu m'importe si décalage
il y a, si ce n'est pas l'icône de mes rêves et de mes pensées
les plus hardies. Je m'en fous !
Un corps à chérir, à effleurer du bout des sens. Un corps,
rempart face aux doutes, qui ancre les désirs dans des chaloupements
nerveux et tendres. Des lèvres qui cessent de parler dés lors
qu 'elles goûtent à la gourmandise éternelle des étreintes
sensuelles. Des yeux qui aspirent au silence amoureux et qui clignent au ralenti
pour ne rien perdre de l'instant présent. Des mains qui donnent de la
chaleur à chaque contact, à chaque impulsion comme une invitation à rêver.
Suis-je au paradis ?
J'ai fait un vu :
Que le temps devienne mon allié, qu'il me porte loin dans mes rêves,
pour que durent une éternité ces moments de bonheur.
Fin
des délires
Maldiviens - 15/07/02
17/07
Un message sympa de toi, daté du 13, pour me dire que le temps te semble
long. Je l'ai lu là-bas ayant accès à hotmail. J'espérais
d'ailleurs en secret, recevoir de tes nouvelles. Comblé ! Bien-sûr,
je n'y ai pas répondu, j'ai appris à me faire désirer
Par contre, rien pour F. Toujours le chaud et le froid : je ne te comprends
décidément pas. Moi, j'aurais profiter de l'absence de J. pour
vérifier si F=J. Tu dois te douter de rien, c'est désespérant
!
L'échéance approche, je t'appellerai demain soir et te prépare
une surprise ! J'ai décidé de me faire passer pour un sondeur
qui, sous prétexte d'une enquête sur les habitudes de consommation,
te posera des questions loufoques. Nous verrons bien.
SONDAGE LOUIS HARRIS
18/07/2002
Bonjour,
Richard Dray de l'institut de sondage Louis Harris, nous effectuons une enquête
sur les habitudes de consommation.
Cette enquête est anonyme. Avez-vous 5mn à m'accorder
?
Il s'agit de répondre à 10 questions pour lesquelles un choix
de réponse multiple vous est proposé.
1
- vous êtes un homme une
femme
2 - tranche d'age 15-24 39-45 +40 autre
3 - situation familiale célibataire marié divorcé autre
4 - courses/lieux carrefour leclerc auchan NSP
5 - carburants essence SP95 SP98 gasoil
6 - marque de pâtes panzani lustucru barilla autre
7 - cuisson trop cuit pas assez a point NSP
8 - type de femme blonde/grande brune/petite chât/moyen
9 - corpulence plutot grasse plutot fine C pas ca qui
compte
10 - type d'homme blond brun chat/julien
PS : je t'ai rapporté des M. un petit cadeau : un bracelet que j'ai
posé sur une noix de coco sur laquelle j'ai dessiné un visage
! (rire ?)
18/07/02
Aujourd'hui est la date annoncée de mon retour de l'Ile Maurice. Je
pense que tu le sais et ton impatience doit être grande. Enfin, c'est
que je ressens. Depuis mon retour, le vrai, je dors mal et occupe mes journée à ne
rien faire ou presque : un peu de piscine le matin, un peu de bronzage l'après-midi
et surtout de l'attente à ruminer toutes les stratégies possibles
pour réussir notre rencontre. Cependant un grand manque de confiance
m'habite : je suis persuadé de me faire jeter ! ma peau cuivrée
par le soleil de l'océan Indien, ma coupe de jeune premier n'y feront
rien. J'ai tellement peur de te décevoir, d'être responsable de
fausses promesses et d'avoir brisé une partie de tes rêves. Plus
que ma sortie, c'est cette déception qui me contrarie le plus : je n'aime
pas briser les rêves, surtout quand ce sont ceux du cur.
J'ai eu alors besoin de me rassurer dans la dernière ligne droite :
quelques clics sur le web, une première rencontre sur Cergy ( !) avec
un pâtissier de 32a qui m'a trouvé intéressant et mignon
( ??!!) et une deuxième en perspective le prochain WE avec un gars de
35a qui m'a trouvé pas mal ( ??!!)
Cela fait 2 en 2 jours, donc rassurant. Ca me donne maintenant la force de
te rencontrer plutôt que prévu : je te proposerai ce WE, j'ai
même mis une bouteille de cidre au frais !
Encore quelques minutes et je te " call "
.
Tu
faisais tes courses à Auchan
Cergy, au moment ou j'ai essayé de te joindre sur ton
portable, après de multiples tentatives à ton domicile
; mon plan foireux avait échoué ! et pourtant j'en
ai bouffé des mouchoirs
Bon tu avais l'air si content de m'avoir en ligne -et moi donc
!- à tel
point que tu mettais n'importe quoi dans ton chariot ! au menu ce soir ? poulet,
riz et profiterolles. Ta première question concernait notre RDV du 25.
OUI je le maintenais et qui plus est, je l'avançais au 20 ! Tu rayonnais,
je fumais cigarettes sur cigarettes, cela fait 2 nuit que je ne dormais plus.
Advienne que pourra, ma décision était prise.
Samedi 20 Juillet 2002 - Epilogue
Née un 4 avril, cette idéalisation amoureuse a pris fin le 20
juillet. Prés de 4 mois de tourments, de chauds et froids, de questions
sans réponses, de mail échangés, d'appels téléphoniques,
d'angoisse, de bonheur, de rêves
Et puis, même si je connaissais la fin du film, m'y étant préparé toutes
les nuits ou presque, c'est la raison de cette fin qui est surprenante et surtout
que je n'avais jamais envisagé.
L est arrivé à la maison vers 21H, après s'être
perdu plusieurs fois en chemin. Ah le téléphone mobile
Angoisse maximum, stress au zénith, visage décomposé par
la fatigue de nuits successives sans sommeil, du tabac plein les poumons, voilà quel était
mon état à 21H !
Tu es sorti de ta Clio gris métal, je voulais me cacher
..Et je
ne t'ai pas reconnu ! tu n'étais pas le L de ma photo, de mon icône.
Le Tatoueur des Ombres n'était pas venu, gardant son mystère,
tapis quelque part là où je ne pourrai jamais sans doute le chercher.
Mon univers poétique s'est alors effondré . Envolés mes
rêves de voyages, de sensualité, du plaisir d'être deux
en un.
J'ai eu envie de pleurer, de tristesse.
Nous avons passé malgré tout une bonne soirée, je t'ai
expliqué le jeu F.../J... Tu as été stupéfait mais
non rancunier, chapeau !
Quelle leçon pour tous les deux. Toi comprenant qu'on ne pouvait pas
toujours échapper à son destin et moi qu'il ne fallait pas être
aussi naïf.
Et j'ai pleuré car mon Tatoueur n'existait pas, plus. Celui que j'avais
construit de toute pièce, une photo mystère en main, était
bel et bien définitivement absent.
Jamais je ne te verrai. Et c'est dur.
Maintenant, il me faut oublier.
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