Mal
Et moi.
Père puis Mère nous ont enfanté.
Je porte maintenant leur détresse. Oh merci !
Pas de conscience en eux.
Les yeux clos. Oh qu’il est beau ce petit !
Pauvres.
Je laisse le mal m’atteindre.
Sans forces pour l’effrayer, ni foi pour le distraire.
Il me sied sans doute. L’ai-je construit ?
A mon image,
Laid,
Et bien enveloppé.
Misères, misères, mes basses souffrances.
Vous m’ôtez le goût d’aimer. Le goût de moi.
Dégoût.
J’ai le ventre mou et jaune. La bile moisie suinte et monte là-haut.
Ivresse.
Et ma tête pleure son âme déserte.
Fuyez rêves et odyssées ! Fuyez Amours !
Et que restent les imparfaits et les inachevés.
Riez à ma détresse. Car les larmes se méritent.
Chagrin.
Je laisse vents, terres et vilaines pluies estomper ma mémoire.
Point de traces pour me survivre. Les souvenirs polluent les espérances.
Dangers.
Si point de souvenirs, alors des peurs.
Un voyage sans paysages ni soleils. Et des fleurs sans odeur ni clarté.
Me brûler les ailes et jubiler. Plonger dans un abject néant empli
de rage et de tourments. Cracher le sang de mon désespoir sur ces regards
inquiets et accusateurs.
Vomir mes tripes à chaque secousse. Le souffle qui ronge chaque poumon
malade du mauvais air, me peine à passer.
Je suis blasé par tant d’infortune. L’agonie entretient l’espoir
d’un trépas plus amer.
Noirs
La hyène guette le solitaire.Ne pleurez pas mon malheur et mon abandon.
Ne priez pas mon âme. Je me fous des cieux. Que les anges pissent à ma
face.
Les yeux dans les yeux. La bave dans la bave.
J’éructe toute ma jouissance dans un silence pervers.
Laissez-moi errer sur ces terres éprouvées par le sang des ignorants.
Le sexe y est mauvais. Sans horizons.
La lumière m’ennuie. Elle sèche mon antre.
Cœur de moi.
Je ne veux plus les écouter.
Larmoyer leurs étreintes sur mes épaules faciles.
Je ne veux plus les aider.
Arrimer leurs avenirs sur ma présence docile.
Je ne veux plus les attendre.
Je ne veux plus les comprendre.
Je ne veux plus les aimer.
Les orties décadentes panseront leur plaie de vie. Cela suffira aux jérémiades.
Ah la belle béquille : silencieuse et méprisante.
Mes amis.
A moins que.
A moins que je ne me trompe. Ma vie est-elle dénuée ?
M’aimer pour aimer. M’embrasser, me caresser et me branler.
Longtemps, longtemps j’ai consumé ma vitalité pour des sèves
infertiles.
Souvent si coupable, jamais pardonné.
Imbécile heureux.
Et l’Autre ?
Si absent et tant espéré.
Désirs. Puis haïr.
Fuir.
Et mourir.
Bof.
Enza Chaybif - Aout
2004